Les leçons d’une expérience sur le lobbying en Ouganda
Avec de l’expérience, les organisations de personnes handicapées peuvent aujourd’hui regarder derrière et voir ce qui a été bien fait en menant des actions de lobbying pour l’inclusion dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, et ce qui reste à faire. Par Ratula Beukman.
En Mars 2005 les ministres des pays développés et industrialisés se sont réunis à Paris pour reformer les taxes douanières par lesquels l’aide au développement passe. Ils ont dans le même temps tentés d’atteindre les Buts du Millenium pour le développement. L’un des engagements pris suite à la ‘Déclaration de Paris sur l’Aide Effective’ est que les pays donateurs axent toutes leurs aides sur leurs bénéficieras partenaires des stratégies nationales de développement. Les stratégies nationales de développement prennent d’habitude la forme de Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Les pays Africains qui reçoivent ses aides et prêts de la Banque Mondiale du FMI doivent développer un DRSP national avec pour but de réduire la pauvreté. Les pays donateurs fondent leurs aides financières sur les stratégies de développement nationales comme le DRSP mais dans beaucoup de cas ses stratégies ne sont pas inclusives au handicap. Les bénéfices qui proviennent d’une telle coopération économique, n’atteint pas les personnes handicapées.
L’inclusion du handicap dans les DRSP nationales est interdépendante de l’inclusion du handicap au niveau international. De fait, il est motivant de voir les changements internationaux pour inclure le handicap dans la coopération économique et pour le développement. Le Ministère Fédéral Allemand pour la Coopération Economique et le Développement a adopté en Novembre 2006, une politique inclusive du handicap qui s’intitule ‘Handicap et Développement’. Avec une telle politique, il est clair que la coopération économique dans le secteur du handicap est de façon explicite alignée aux DRSP nationaux des pays développés. Cela veut aussi dire que le pays qui reçoit le financement de l’Allemagne pour développer le secteur du handicap puisse lier ses fonds aux programmes du DRSP national. Cela ne signifie pas nécessairement que ses DRSP sont inclusives au handicap mais le chemin qui mène à l’inclusion est tout doucement entrain d’être débroussaillé.
Pour comprendre ce qui se passe à l’échelon national, lorsque l’on s’embarque dans le lobbying pour l’inclusion du handicap dans le DRSP, j’ai posé la question à Mr James Mwandah. Un activiste dans le mouvement handicap et ancien parlementaire en Ouganda. Dans cette entretien il donne sont point de vu sur les défis et opportunités qu’ils ont rencontrés avec le Plan d’Action pour l’Eradication de la Pauvreté (PAEP), le cadre de développement en Ouganda et le plan à moyen terme, lequel est aussi le Document de Stratégies de Réduction de la Pauvreté.
Combien de groupe de handicaps était engagés dans la campagne de plaidoyer et comment cela a démarré?
- Dans le but de créer un impact, presque toutes les Organisations de Personnes Handicapées étaient impliquées (OPH). D’abord l’OPH qui réunie en son sein toutes les structures, l’Union Nationale des Personnes Handicapées (UNPH), a organisé un atelier sur le PEAP pour susciter l’intérêt et sensibiliser les leaders d’OPH pour évaluer le besoin d’inclure les questions relatives au handicap et aux personnes handicapées dans le processus du DRSP. Il y avait près de 15 OPH nationale et régionale avec au moins 80 à 100 participants à l’atelier. En ce moment j’étais un Parlementaire et Vice Président du Commission Parlementaire du Budget. La Commission avait beaucoup à faire avec le PAEP et je réalisai que dans le premier PAEP de 1997 et le PAEP révisé de 2001 les questions relatives au handicap ou aux personnes handicapées n’étaient pas mentionnées. L’interaction avec les donateurs indiquée les programmes d’aide des donateurs n’inclura pas les questions concernant le handicap à moins que cela soit spécifiquement stipulé dans le PAEP. C’était en cette période que les OPH étaient mobilisées pour préparer leur participation dans la troisième révision du PAEP en 2004.
Le DRSP est une initiative dirigée par le pays, mais beaucoup d’agences de développement et la Banque Mondiale ont une certaine influence sur le processus. Est ce que ce genre d’influence peut assister ou entraver la participation du secteur handicap?
- Le premier conseil pour que le handicap soit dans le développement de la coopération émanait du bureau de la Banque Mondiale en Ouganda. Lors d’une réunion un représentant nous avait fortement conseillé de nous impliquer activement dans PAEP. Donc la Banque Mondiale nous a un peu aidé.
Lorsque vous dressez le bilan, qu’est ce que vous avez bien fait et que ferez vous différemment dans le futur?
- C’était important de mobiliser et sensibiliser les leaders des OPH. L’atelier de sensibilisation était bien organisé et tous les représentants des OPH y avaient pris part. Des experts dans le domaine du PAEP et du planning économique du gouvernement, des universitaires et les organisations de la société civile étaient engagés comme des personnes ressources. En effet, lors de l’atelier nous avions fait 25 propositions sur l’inclusion dans divers secteurs. Le rapport de l’atelier était présenté au Ministre en présence des officiels concernés et la presse. Le Ministre a apprécié notre intervention et a promis que nos recommandations seraient prises en considération lorsqu’ils élaboreraient le document final du PAEP.
Nous avons le sentiment d’avoir joué le rôle que l’on attendait de nous. Plus tard lorsque le document final du PAEP avait été publié, nous avions noté avec déception que, à part le fait d’avoir mentionné le handicap ça et là, il n’y avait pas de façon explicite l’inclusion de nos questions comme nous l’avions proposés. Nous nous sommes réunis ensemble avec ‘’ des groupes vulnérables’’ ou ‘’des groupes désavantagés’’ à travers le document. La prochaine fois, il y aura un suivi au niveau du secrétariat du PAEP et s’assurer que à ce stade nous continuerons d’expliquer et en essayant de les convaincre que tant que l’on ne s’adressera pas aux personnes handicapées de façon explicite dans le PAEP, il sera très difficile d’éradiquer la pauvreté. Nous devrions trouver un moyen de nous engager dans la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation du PAEP.
Est ce que cela vaut la peine pour le secteur handicap de s’embarquer dans le parcours du DRSP ou doit il plutôt dépenser ses ressources dans des entreprises plus maniables?
- Le DRSP est le cadre de planning dans lequel les donateur allouent des aides au pays les moins développés. Donc, il est très important pour les personnes handicapées de ses pays de mettre à disposition leurs ressources pour obtenir une inclusion effective dans ses stratégies. Malheureusement elles sont toujours laissées en rade et continuent de vivre dans la pauvreté. Force est de constater que, les pays, qui n’incluent pas le handicap de façon explicite pourraient ne jamais être capable d’éradiquer la pauvreté.
Finalement, s’embarquer dans des actions de plaidoyers d’une telle envergure, requiert une bonne stratégie en plaidoyer et un réseau – Est ce que vous l’avez?
- Dans notre cas, nous n’avions pas d’expérience en plaidoyer pour une inclusion dans le DRSP. Et n’avions pas également une bonne stratégie en plaidoyer et réseau. Souvent nous du secteur du handicap ne sommes pas très bons en organisation de réseau et plaidoyer. Mais nous avons beaucoup appris de la méthode.
Cet entretien est le reflet de l’experience personnelle de Mr. Mwandah, il reconnaît toutefois les efforts de tous ceux qui étaient engagés dans le plaidoyer.
Cet article a été publié dans Droits de l'Homme Afrique numéro 2, 2007.